Mythe et Réalité
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Mythe : Plusieurs aînés sont victimes d’exploitation sans pour autant présenter des pertes d’autonomie. La vulnérabilité affective, liant la victime à l’agresseur, peut expliquer à elle seule la présence de violence. Toutefois, il est vrai que la diminution de l’autonomie tant physique que cognitive constitue un facteur de risque.
Réalité : L’exploitation économique peut prendre différentes formes comme la fraude, le vol, l’extorsion, etc. Toutefois, on parle d’abus dès qu’un(e) aîné(e) se sent obligé(e) d’accepter une demande financière. Certaines personnes âgées sont contraintes d’accepter pour différentes raisons. Elles peuvent être victimes de menaces, envahies d’un sentiment de culpabilité ou craindre des représailles si elles refusent.
Réalité : Plusieurs études démontrent que près de 75 % des abus sont perpétrés par un membre de la famille immédiate ou par le (la) conjoint(e) de la victime, ceux-ci occupant principalement le rôle d’aidant pour les personnes âgées en perte d’autonomie. Ce rôle place l’aidant en position de pouvoir face à l’aîné(e).
Mythe : Plus de 50 % des situations de maltraitance qui sont dépistées sont financières. Certaines études allèguent même que l’ampleur de la violence économique pourrait atteindre 60%. Quant à la proportion d’abus physiques, elle représenterait approximativement 10% des situations d’exploitation.
Mythe : La victime est souvent déchirée par des sentiments contradictoires. En effet, elle ressent de l’affection envers son époux(se) ou l’enfant qui commet les agressions, mais déplore ses comportements violents. De plus, elle peut se sentir responsable des agressions, ce qui l’empêche de blâmer l’agresseur.
Réalité : Contrairement aux autres formes de violence, certaines situations de négligence ne sont pas commises de façon intentionnelle. Elles sont nommées « négligence passive ». Celles-ci peuvent être occasionnées par le manque de connaissances de l’aidant. En effet, certains aidants ne connaissent pas les besoins réels de l’aîné(e) ou possèdent une mauvaise connaissance de sa maladie. D’autres situations surviennent en raison de l’épuisement de l’aidant qui ne possède aucun soutien dans les tâches à accomplir.
Mythe : Certaines personnes âgées vivent dans un contexte de violence depuis bien des années (maltraitance durant l’enfance, abus sexuel, violence conjugale, etc.). Ainsi, elles subissent un effet cumulatif de conséquences. Ces personnes sont généralement blessées tant sur le plan physique qu’émotionnel. Le manque de ressources de certains(es) aînés(es) tels l’isolement, la vulnérabilité ou les pertes d’autonomie contribuent également au maintien de la situation de violence.
Mythe : Malgré les efforts qu’elle peut entreprendre afin de rendre son conjoint « heureux », ce dernier trouvera d’autres raisons afin de justifier ses agressions. Au fil du temps, elle se sentira impuissante et incapable de répondre aux attentes de son conjoint. Ce dernier est le seul à pouvoir modifier ses comportements, ses paroles ou ses attitudes.