POURQUOI LE SILENCE ?
Pourquoi les personnes âgées victimes de violence ont-elles autant de difficultés à briser le silence ? Plusieurs motifs permettent d’expliquer l’hésitation et la difficulté des victimes à dénoncer l’abus. Voici quelques-unes des explications possibles :
- Les conséquences de la violence : L’aîné(e) victime de maltraitance vit de nombreuses conséquences. La honte, la confusion et la perte d’estime de soi sont des exemples faisant en sorte que la victime doute de ce qu’elle vit. Elle peut également craindre d’être jugée si elle rompt le silence.
- La peur : Si elle dénonce, la victime peut craindre :
- d’être victime de représailles;
- d’attirer des ennuis à son agresseur;
- de ternir la réputation de l’agresseur ou de sa famille;
- d’être délaissée par les autres membres de sa famille;
- de ne pas être crue;
- d’être placée dans un foyer ou d’être expulsée;
- le système judiciaire;
- etc.
- L’agresseur : Dans la majorité des situations, l’agresseur constitue un membre de la famille ou même le conjoint de la victime. Ce lien affectif entrave donc la dénonciation. En effet, il est difficile pour la victime d’imaginer qu’une personne qu’elle affectionne puisse adopter des comportements violents. Elle peut également refuser de dénoncer l’abus puisqu’elle craint d’être obligée de mettre fin à cette relation.
- L’isolement : L’isolement représente un des facteurs les plus importants au développement et/ou au maintien d’une relation abusive. En effet, beaucoup de victimes sont isolées de leurs amis, de leurs voisins et des membres de leur famille. Ces dernières disposent de peu de ressources, ce qui augmente leur dépendance face à l’agresseur.
- La dépendance : Certaines victimes présentant des pertes d’autonomie expliquent les abus par leur état de dépendance. Cette perception est souvent renforcée par l’agresseur, ce qui aura pour conséquence de normaliser ou de minimiser la situation. Certaines victimes dépendent de l’agresseur quant à leur alimentation, à leur hébergement, à l’aide à l’habillement et aux divers soins de santé. Ces dernières craignent d’être privées de ces services si elles rompent le silence.
- Le manque de connaissances : Certaines personnes âgées ne connaissent pas leurs droits et ignorent l’existence des ressources pouvant les aider. En effet, plusieurs personnes âgées victimes de violence se sentent dépendantes de l’abuseur et ignorent que des organismes existent afin de leur offrir un support psychologique ou technique. Ces ressources peuvent leur permettre de briser l’isolement, de diminuer leur dépendance face à l’abuseur ou de contrer les abus.
- Les croyances : Plusieurs mythes ou croyances populaires contribuent au maintien de la dynamique de violence et au silence des victimes. (Voir onglet Mythe ou réalité ?)
- Les problèmes d’ordre cognitifs : Certaines personnes âgées souffrent de problèmes de santé d’ordre cognitif (maladie d’Alzeimer, confusion, démence, etc.) et ne se rendent pas compte de la gravité de la situation.
- Etc.