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Le cycle de la violence

La présence du cycle différencie une dynamique de violence conjugale d’une violence dite contextuelle. Le cycle se manifeste par un ensemble de comportements et d’attitudes liés entre eux et non par des actes isolés. Il est mis en place par le partenaire dans l’objectif de maintenir le contrôle et le pouvoir dans la relation. Avec le temps, le cycle se reproduit plus fréquemment. On observe aussi que les comportements violents s’intensifient et se diversifient.

Les phases du cycle se succèdent sans cesse à un rythme variable. Elles peuvent durer de quelques minutes à quelques mois. Cela fait vivre à la partenaire une suite d’émotions et de traumatismes qui entraînent de plus en plus de confusion.

Plus le cycle se répète, plus les phases de rémission peuvent se faire rares. Le seuil de tolérance de la partenaire devient tellement élevé que celle-ci finit par ne plus voir les violences devenues quotidiennes. Même si elle réussit à s’adapter à la situation en modifiant ses comportements et ses attitudes, la violence continue.

Phase 1 : Tension/Anxiété

C’est une période du cycle où règne une atmosphère menaçante maintenue volontairement par le partenaire. La tension est un moyen utilisé par l’agresseur afin de mettre en place les structures d’une prochaine agression. Ces comportements visent la satisfaction de ses propres besoins.

La personne adoptant des comportements violents

La personne subissant des comportements violents

·         Gestes brusques

·         Ton colérique

·         Regards intimidants

·         Silence et bouderie

·         Mauvaise humeur/irritabilité

·         Crainte, anticipation, peur

·         Tentative d’améliorer le climat en répondant aux besoins du partenaire

·         « Marche sur des œufs »

·         Exemples : éviter de sortir avec une amie qu’il n’apprécie pas, baisser le volume de télévision si habituellement ça l’agresse, éviter les sujets conflictuels tels que les finances ou l’éducation des enfants, etc.

Même si elle fait des efforts pour tenter d’éviter l’agression, la femme n’est en rien responsable de la violence de son partenaire. Le partenaire adoptant des comportements violents trouve toujours une source extérieure d’irritation pour justifier une agression.

Phase 2 : Agression/Protection

Il s’agit d’un épisode de violence, d’une crise qui éclate. Les agressions sont des stratégies de contrôle utilisées par le partenaire afin d’affirmer son pouvoir. En utilisant différentes formes de violence, il cherche à diminuer, humilier, blesser et contrôler sa partenaire. Pour ce faire, il utilise la violence dans ses différentes formes.

La personne adoptant des comportements violents

La personne subissant des comportements violents

·         Violence verbale

·         Violence psychologique

·         Violence sexuelle

·         Violence économique

·         Violence physique

·         Violence relationnelle

·         Cyberviolence

·         Réactions exprimées ou refoulées : colère, humiliation, outrage, honte, peur, tristesse, injustice, impuissance, etc.

·         Adoption de différentes stratégies de protection

·         Paralysie, défense ou fuite

·         Exemples : changer de pièce ou aller faire un tour dehors, rétorquer verbalement ou physiquement aux attaques dans le but de se protéger, rester bouche bée, ne pas savoir comment réagir, etc.

L’utilisation de la violence n’est pas une perte de contrôle, mais une prise de contrôle sur l’autre afin de répondre à son propre besoin au détriment de l’autre personne.

Phase 3 : Justification/Responsabilisation

Le partenaire s’efforce de faire admettre à sa partenaire que l’agression était juste, légitime et fondée. Les justifications du conjoint permettent le maintien du cycle grâce au transfert des responsabilités par la manipulation des faits. Il transforme les faits pour les mettre à son propre avantage.

La personne adoptant des comportements violents

La personne subissant des comportements violents

·         Minimisation du caractère et de la gravité de l’agression (« tu exagères », « tu dramatises », etc.)

·         Invocation d’une multitude de prétextes extérieurs à lui pour justifier ses actions (fatigue, stress au travail, comportement de la partenaire, consommation, vécu difficile, etc.)

·         Tentative de faire croire à la victime qu’elle l’a provoqué (« c’est de ta faute », « je t’avais dit de ne pas faire ça », « tu l’as mérité », etc.)

·         Cherche une explication logique aux comportements de l’homme

·         Minimise l’importance de ses émotions

·         Doute de ses perceptions

·         Intégration des justifications du conjoint

·         Se responsabilise de l’agression ou déresponsabilise le partenaire de l’acte de violence

·         Peut ressentir de l’empathie envers les difficultés du partenaire

Il est important de préciser que les justifications apportées par le conjoint peuvent être basées sur des faits réels. Par exemple, le stress du conjoint peut être réel, la partenaire peut être arrivée en retard ou avoir fait un commentaire qu’il n’apprécie pas. Par contre, rappelons que la violence conjugale est un comportement choisi et que peu importe les justifications émises, rien ne justifie ou légitimisme l’agression, et la réaction est inadéquate.

Phase 4 : Rémission/Espoir

Cette phase, aussi appelée lune de miel, se caractérise par une diminution ou par l’absence de violence.

 

La personne adoptant des comportements violents

La personne subissant des comportements violents

·         Gestes dans le but de maintenir la relation et regagner la confiance de la partenaire (se montrer attentionné et affectueux, offrir des cadeaux, exprimer des regrets, faire des promesses, se montrer vulnérable, menacer de se suicider, etc.)

·         Maintien de l’espoir de changement

·         Impression de retrouver l’homme dont elle est amoureuse

·         Sentiment que le partenaire a compris et fait des efforts

·         Apporte son aide, diminue ses attentes envers lui ou change ses propres habitudes et attitudes

Cette phase donne l’impression à la femme de vivre une vie de couple ou de famille plus normale. Elle reprend espoir. Elle vit moins de stress et de tension et elle peut répondre à ses besoins pendant cette période d’accalmie. Par la suite, la vie reprend son cours et graduellement la tension se réinstalle.

 

L’escalade de la violence

L’intensification de la violence s’explique en partie par le fait que la personne qui adopte des comportements violents juge que le lien affectif qui la lie à sa partenaire est assez fort ou encore que les engagements qui les lient sont suffisamment solides. On parle d’enjeux dans la relation qui contribuent au maintien de celle-ci tels que : cohabitation, projets communs, acquisition d’une maison, famille, grossesse, limitation physique et/ou perte d’autonomie, dépendance économique, etc. Toutefois, d’autres personnes choisissent d’intensifier la violence lorsqu’elles constatent qu’elles perdent le contrôle de la relation. Elle est ainsi associée au fait que sa partenaire reprend de l’autonomie ou se réapproprie ses choix. Par exemple, elle recommence à fréquenter son réseau social, s’inscrit à un loisir, retourne aux études, etc. Ainsi, la violence deviendra graduellement moins subtile et le contrôle augmentera en se propageant dans toutes les sphères de la vie de sa partenaire. Avec le temps, elle finit par vivre une telle impuissance que sa sécurité et son intégrité ainsi que celles de ses enfants peuvent être compromises.