POURQUOI LE SILENCE ?
Bon nombre de femmes victimes de violence conjugale se montrent réticentes à dénoncer leur conjoint et éprouvent des difficultés à mettre un terme à la relation.
Mais pourquoi gardent-elles le silence ? Voilà quelques-unes des explications possibles :
- D’abord, il peut être difficile de condamner l’homme qu’on aime, celui qui peut s’être montré très affectueux et attentionné au cours de la relation. Le fait de dénoncer son conjoint peut aussi impliquer d’admettre l’échec de son couple. Plusieurs femmes croient qu’avec de l’amour, de la patience et du temps, tout pourra finir par s’arranger. Malheureusement, nous savons que cela n’est souvent guère possible.
- Puisque la violence conjugale est un processus s’installant de façon progressive et insidieuse à travers le temps, plusieurs victimes ne sont pas pleinement conscientes qu’elles sont aux prises avec ce problème. Se sentant inadéquates, coupables et ayant une faible estime d’elles-mêmes, elles en viennent à croire qu’elles méritent ce qui leur arrive.
- Certaines femmes reconnaissent que ce qu’elles vivent est inacceptable et ont honte de s’être retrouvées dans une telle situation. La crainte d’être humiliées, incomprises ou jugées devient alors un motif pour garder le silence.
- Certaines victimes de violence conjugale sont très isolées, le conjoint ayant fait le vide autour d’elles. Elles se retrouvent alors totalement démunies, souvent sans support et sans argent.
- Devant la possibilité de dénoncer leur agresseur, plusieurs femmes craignent pour leur sécurité (et pour celle de leur(s) enfant(s), s’il y a lieu). Diverses menaces, subtiles ou non, proférées par le conjoint peuvent effectivement faire en sorte qu’une femme garde le silence (ex. : être menacée de perdre les enfants, son emploi, la maison ; menacée d’être battue, violée, tuée ; menacée d’être responsable du suicide du conjoint, etc.).
- En prenant la décision de quitter un conjoint violent, les femmes doivent aussi souvent quitter leur résidence, leur quartier et parfois même leur ville. La nécessité de rebâtir plusieurs aspects de leur vie peut paraître insurmontable et faire en sorte que la relation violente est maintenue, ou du moins, que la rupture est retardée.
- Etc.